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BULENGA - Les formes musicales

Le bolero est à l’origine un genre pour voix et trio à cordes au tempo moyen. Né à Cuba, il a acquis une réputation internationale en prenant une tournure plus lente et sentimentale. Très populaire, le bolero moderne est une forme romantique dans laquelle très peu de chanteurs excellent.

La canción s’apparente au bolero, mais en plus rythmé et en plus rapide. Sur le plan de sa forme musicale, c’est un hybride en principe plus destiné à être écouté qu’à être dansé. La canción est la forme typique de la nueva trova, de la " chanson à texte ", dont le texte prime le rythme, même si celui-ci a son importance.

La canción de cuna ou " berceuse " est une canción jouée en rubato, qui s’apparente formellement au lamento (lamentation), très fréquent au Venezuela, mais dont le texte est évidemment d’une autre nature.

La cumbia est pour sa part une danse colombienne, née dans la communauté afro-colombienne de la côte atlantique. Elle dérive du cumbe, une danse pratiquée au XIXe siècle par des groupes d’esclaves d’origine africaine. Désormais intégrée sous sa forme métissée au répertoire standard de la musique de club afro-latino-américaine, elle se distingue d’autres forme comme le mambo par son tempo plus rapide et son pas de danse particulier.

Le guaguancó est, avec le yambú et la columbia, une des trois variantes de la rumba cubaine. Sont l’africanité apparaît aussi bien dans ses polyrythmies complexes au rythme vif que dans le caractère responsoriel de sa partie vocale. À l’origine, le guaguancó était d’ailleurs chanté sur le seul accompagnement des percussions, et en particulier des congas ou tumbadoras. Le guaguancó se danse en couple et ses figures rapides prennent volontiers la forme d’une pantomime aux connotations clairement érotiques.

La guaracha, également d’ascendance afro-cubaine, est une forme vocale responsorielle (pour soliste et chœur) dans laquelle le soliste a en principe une grande liberté d’improvisation. Son tempo est rapide et son rythme est soit binaire (4/4), éventuellement à subdivision ternaire (6/8), soit ternaire (3/4). Après avoir connu un déclin dans les années 1930, la guaracha a connu un regain d’intérêt grâce à son intégration au répertoire des groupes de salsa. Ses paroles sont volontiers à connotations érotiques ou satiriques.

Le mambo est une forme au rythme binaire et au tempo moyen. D’origine afro-cubaine, issu du culte congo, le mambo est parfois considérée comme dérivé de la section finale de la guaracha. C’est dans les années 1940-1950 que s’est développée sa variante adaptée à la musique populaire de danse, marquée notamment par l’importance des traits (riffs) de cuivres et de saxophones dans l’accompagnement du chant.

Le merengue, forme à l’origine controversée, mais devenue identitaire de la musique de République Dominicaine, remonte au milieu du XIXe siècle. En tant que musique de danse en couple, il est aujourd’hui largement répandu dans toutes les Caraïbes. Son accompagnement rythmique, binaire, vif et animé, est généralement caractérisé par le jeu de la tambora, un tambour typiquement dominicain.

Le choro, originaire de Rio de Janeiro mais répandu dans tout le Brésil et même plus largement, est une musique de danse présentant à l’origine une fusion de formes européennes comme la valse, la polka et le scottish, et de rythmes binaires de provenance africaine. Les instruments

L’instrumentarium de Bulenga comporte aussi bien des instruments communs à la plupart des musiques afro-latino-américaines, que d’autres plus spécifiques à une forme ou à un genre particulier.

Avec ses congas, bongos, timbales, güiro et maracas, la section de percussions (membranophones et idiophones) s’inscrit dans une tradition typiquement caraïbe. Selon Nelson, une telle section n’est réellement efficace que dans la mesure où chacun de ses membres a conscience de n’être qu’un élément d’un tout indivisible et où il se fond dans ce tout sans chercher à briller d’aucune façon. Les formes " classiques " de cette musique, ajoute-t-il, reproduisent les différentes allures du cheval : le pas avec le bolero, le trot avec le mambo, le petit galop avec la guaracha et le grand galop avec le guaguancó.

Dans le merengue, l’assise rythmique est fournie par la tambora, un tambour dominicain en forme de tonneau, tendu de deux peaux. Les percussions sont en revanche plus légères, voire absentes, dans les canciones, au caractère plus doux et intimiste.

Deux catégories d’instruments à cordes apparaissent dans le groupe : d’une part la guitare ou le tiple, une guitare typiquement colombienne à 12 cordes (4 chœurs de 3 cordes accordées ré-sol-si-mi comme les 4 cordes aiguës de la guitare), dont le timbre et la fonction sont proches de ceux du tres dans la musique cubaine. Nelson a choisi cet instrument de préférence au cuatro ou à la bandola vénézuélienne en raison de ses qualités sonores particulières.
Dans la plupart des pièces, la ligne de basse est tenue par une basse acoustique, sorte de guitare basse semblable au guitarrón mexicain, mais un peu plus petite, accordée différemment et au timbre plus chaleureux que la basse électrique. Cette dernière n’apparaît que dans le mambo, afin de donner à sa ligne une tournure percussive assez proche du funk, comme le relève Nelson. Quant à la contrebasse, elle est utilisée dans les canciones.

Quant à la section des vents, elle comporte un trombone, un saxophone ténor et une flûte traversière. Une telle formule était déjà courante au Venezuela dans les orchestres de danse (orquesta tropical, ou bailable) des années 40 et 50. L’absence de trompette contribue en outre à distinguer cette musique de son équivalent cubain. Par ailleurs, l’usage de la flûte serait, selon Nelson, une réminiscence des aérophones préhispaniques ; Violeta utilise d’ailleurs une flûte à embouchure en ébène, à la sonorité plus chaude et plus ronde que l’embouchure métallique.

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