Mercredi 28 septembre
15h,
Conte : Les contes du tapis volant par Farzaneh Valaï
20h30, Concert
: Nouvelles voix de la musique persane
La musique savante persane présente deux aspects
: l'un traditionnellement réservé aux hommes
est le chant libre (âvâz) sur des poèmes
classiques, accompagné d'un ou de plusieurs instruments
; l'autre, qui est commun aux hommes et aux femmes, consistant
en chansons (tasnif) sur des vers écrits spécialement
pour ces compositions. A partir des années 1930
sont apparues quelques chanteuses pratiquant l'art difficile
du chant libre. Par la suite, beaucoup se sont consacrées
à ce style, mais rares sont celles qui ont atteint
la maîtrise exigée. Cela tient d'une part
à l'impossibilité pour elles de se faire
entendre dans leur pays par un auditoire mixte (du moins
depuis trente ans), et d'autre part au style lui-même,
qui a été conçu et développé
par et pour des hommes.
1ère
partie
L’ensemble Leyli
: anciennes chansons persanes
Azadé Hojat
: chanteuse, tambour dâyré
Leyli Atashkar : luth setâr
Asaré Shekartchi : vièle kamântché
Nushin Pasdar : luth barbat, tambour zarb
Extrait
audio
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Les miniatures et les peintures anciennes attestent la
vitalité des pratiques musicales féminines,
à la Cour comme dans la sphère publique,
et cela jusqu’au renouveau de la musique savante
des années 1850. Plutôt que de s'efforcer
d'imiter le chant et le style instrumental où les
hommes excellent, certaines artistes, comme celles réunies
dans l'Ensemble Leyli, ont choisi de renouer avec un style
et un répertoire proprement féminins. Leur
musique se caractérise par la grâce et la
légèreté, la fidélité
aux canons, la finesse et la pureté de l'interprétation,
autant de qualités devenues rares dans les ensembles
actuels.
Les instruments sont ceux que l'on voit dans les mains
des musiciennes sur les représentations anciennes
: la vièle kamânché, les luths setâr
et 'ud ou barbat, et le tambour sur cadre, dont s'accompagne
nécessairement toute chanteuse digne de ce nom.
Les pièces instrumentales et vocales sont agencées
en cycles courts, qui laissent occasionnellement la voix
prendre son essor dans d'émouvantes séquences
de chant libre, et qui se concluent souvent sur des airs
conçus pour la danse.
2ème partie
L’ensemble Râst
: l’art vocal persan
Mozafar Shafi’i
: chanteur
Bahâré Fayazi : luth târ
Reza Panahi : cithare santour
Nimâ Jozi : flûte ney
Asaré Shekartchi : tambour zarb
Extrait
audio (instrumental)
Extrait
audio (vocal) |

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Le chant libre, sans accompagnement instrumental, avait
pris sa source dans les assemblées religieuses
ou soufies pour se développer comme un art autonome
exigeant. Dans le passé, les meilleurs chanteurs
étaient issus de milieux de chantres religieux
et commençaient par cantiller le Coran, ce qui
leur donnait une base extrêmement solide sans laquelle
il est difficile de parvenir au sommet de l'art. C'est
le cas de Mozafar Shafi’i, né dans une famille
de seyyed de la région de Kashan, dépositaire
du répertoire vocal des lettrés. Il apprit
ce répertoire avec son père, puis, durant
quinze ans, affina son art auprès du fameux Mohammad
Rezâ Shajarian.
Le maître a réuni autour de lui de jeunes
talents, dont le niveau technique, la solidité de
la formation traditionnelle et la sûreté du
goût en feront certainement les maîtres de demain.
Il en va ainsi du joueur de santour Reza Panahi et de Nimâ
Jozi, enfant prodige de la flûte de roseau ney, qui
a accompagné son maître Mohammad Musavi en
concert depuis l’âge de neuf ans. Les deux autres
instrumentistes sont de jeunes femmes : la joueuse de tambour
zarb Asaré Shekartchi, et Bahâré Fayyâzi,
une des rares interprètes féminines de luth
târ. La force et l'originalité de l'ensemble
Râst est de renverser les préjugés et
d'abattre les barrières entre les sexes et les générations,
et ceci pour le bonheur des mélomanes les plus exigeants.