20h30, Concert
: Cérémonie mystique des Kurdes d'Iran
L’ordre mystique des Ahl-e Haqq (littéralement
« fervents de vérité ») est longtemps
resté méconnu, bien qu’il rassemble de
nombreux adeptes vivant pour la plupart dans les régions
kurdes d’Iran, d’Iraq et de Turquie. L'intention
des participants est de se rapprocher de Dieu, notamment grâce
à l’« assemblée spirituelle »
(jam), une cérémonie centrée
sur la pratique du zekr, « rappel »,
« mention », « souvenir », et dans
laquelle la musique occupe une place importante.
Le déroulement d'une séance fait intervenir
un certain nombre de mélodies brèves sur des
textes sacrés, en alternance entre un chantre et un
chœur qui reprend le refrain. La succession des zekr
est précédée par une introduction au
petit luth tanbur, interprétée librement
en solo ou en accompagnement du chant. Cette séquence
lente et de caractère nostalgique est suivie d'hymnes
au tempo modéré, puis de zekr au caractère
plus rythmé et au tempo plus rapide. Cette progression
en intensité conduit les participants à des
perceptions et des états de conscience modifiés,
qui les mènent souvent jusqu’à l’extase.
L’ensemble Razbar
20 personnes, avec la participation
de :
Shahrokh Nasserzare : luth tanbur,
chant
Bahram Nasserzare : vièle kamântché
Ebrahim Nasserzare : tanbur solo
Taher Kashanfallah : chant
Farzin et Mehdi Pourfallahi : tambour daf
Jusqu’à une date récente, l’ancienne
tradition de musique sacrée des Ahl-e Haqq était
pratiquement inaccessible aux non-initiés. L’ensemble
Razbar, constitué d’excellents musiciens amateurs,
a choisi de la faire connaître, non pas dans l'intention
de donner une représentation ou de se mettre en scène,
mais de partager quelque chose de leur expérience spirituelle.
Leur respect des formes et de l'esprit authentiques de leur
tradition musicale et liturgique relève moins d'une
démarche esthétique que d'un sens aigu du sacré.
Le style instrumental ainsi que le répertoire de l'ensemble
Razbar se situe dans la lignée de Hâjj Ne'matollâh
(m. 1920), un maître spirituel qui développa
notamment le rôle de la musique instrumentale dans les
assemblées mystiques. Hormis le tanbur, le
principal instrument de la réunion spirituelle, il
en introduisit d'autres, tels que la vièle kamântché,
la clarinette dozalé, la flûte oblique
ney ou encore le tambourin daf, qui rythme
les cérémonies.