Samedi 24 septembre
15h,
Conte : Pour un grain de beauté par Farzaneh
Valaï
18h30,
Conférence : Musique et mystique en Iran par
Jean During
20h30,
Concert : Cérémonie mystique des Kurdes
d’Iran
L’ordre mystique des Ahl-e Haqq (littéralement
« fervents de vérité ») est
longtemps resté méconnu, bien qu’il
rassemble de nombreux adeptes vivant pour la plupart dans
les régions kurdes d’Iran, d’Iraq et
de Turquie. L'intention des participants est de se rapprocher
de Dieu, notamment grâce à l’«
assemblée spirituelle » (jam), une cérémonie
centrée sur la pratique du zekr, « rappel
», « mention », « souvenir »,
et dans laquelle la musique occupe une place importante.
Le déroulement d'une séance fait intervenir
un certain nombre de mélodies brèves sur
des textes sacrés, en alternance entre un chantre
et un chœur qui reprend le refrain. La succession
des zekr est précédée par une introduction
au petit luth tanbur, interprétée librement
en solo ou en accompagnement du chant. Cette séquence
lente et de caractère nostalgique est suivie d'hymnes
au tempo modéré, puis de zekr au caractère
plus rythmé et au tempo plus rapide. Cette progression
en intensité conduit les participants à
des perceptions et des états de conscience modifiés,
qui les mènent souvent jusqu’à l’extase.
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L’ensemble
Razbar
20 personnes, avec la participation
de :
Shahrokh Nasserzare : luth
tanbur, chant
Bahram Nasserzare : vièle kamântché
Ebrahim Nasserzare : tanbur solo
Taher Kashanfallah : chant
Farzin et Mehdi Pourfallahi : tambour daf
Extrait
audio 1
Extrait
audio 2
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Jusqu’à une date récente, l’ancienne
tradition de musique sacrée des Ahl-e Haqq était
pratiquement inaccessible aux non-initiés. L’ensemble
Razbar, constitué d’excellents musiciens
amateurs, a choisi de la faire connaître, non pas
dans l'intention de donner une représentation ou
de se mettre en scène, mais de partager quelque
chose de leur expérience spirituelle. Leur respect
des formes et de l'esprit authentiques de leur tradition
musicale et liturgique relève moins d'une démarche
esthétique que d'un sens aigu du sacré.
Le style instrumental ainsi que le répertoire
de l'ensemble Razbar se situe dans la lignée de
Hâjj Ne'matollâh (m. 1920), un maître
spirituel qui développa notamment le rôle
de la musique instrumentale dans les assemblées
mystiques. Hormis le tanbur, le principal instrument de
la réunion spirituelle, il en introduisit d'autres,
tels que la vièle kamântché, la clarinette
dozalé, la flûte oblique ney ou encore le
tambourin daf, qui rythme les cérémonies.