Samedi 1er octobre
14h-17h,
Stage : Danse persane traditionnelle par Hossein Fayazpour
15h,
Films : La quête musicale
20h30, Concert : Musique
des bardes d’Iran
Sur une étendue aussi vaste que l'Europe de l'Ouest,
l'Iran abrite les peuples les plus divers : les Iraniens
(Kurdes, Lors, Khorassanais, Persans, etc.), les Turcs
(Turkmènes, Azerbaïjanais, Qashqaï),
les Baloutches, et enfin les Arabes et les Africains du
Golfe persique. Un point commun à la plupart de
ces cultures est la place réservée aux bardes,
qu’ils soient chanteurs, conteurs ou instrumentistes.
De l'Anatolie à l'Afghanistan le barde est appelé
âsheq, c'est-à-dire « amoureux ».
Un seul concert ne peut présenter la variété
de l'art des bardes (âsheq et bakhshy) des diverses
traditions régionales d'Iran. Il peut toutefois
rendre compte de leur qualité et de leur richesse.
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La musique du Lorestan
Ali-Akbar Shekartchi
: chant, vièle kamântché
Asaré Shekartchi : tambour zarb
Extrait
audio |
Le Lorestan, au centre-ouest de l'Iran, est un antique
foyer de culture, un musée vivant de traditions
musicales. Chants de réjouissance, chants épiques
et narratifs, chants amoureux, berceuses et chants de
travail, chants satiriques et humoristiques, lamentations,
chants circonstanciels, mélodies reposant sur des
poèmes classiques persans et airs de danse constituent
l’essentiel d’un répertoire qui s’est
particulièrement conservé parmi les nomades.
L'instrument de prédilection est la vièle
à pique kamântché, accompagnée
d’un tambour, le zarb.
Ali-Akbar Shekartchi, originaire du Lorestan, a commencé
l’étude du kamântché en autodidacte,
pour ensuite travailler la musique persane avec quelques
maîtres réputés de Téhéran.
Ses recherches et ses collectes sur le folklore de son
pays natal constituent un précieux travail de pionner.
Sa fille Asaré, qui a suivi ses traces, est une
remarquable joueuse de kamântché et de zarb.
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L'art du luth du
Khorassan
Hamid Khezri :
luth dotâr
Extrait
audio |
Le Khorassan ou « Terre du soleil levant »,
vaste province située au nord-est de l'Iran, sur
la Route de la soie, a toujours été un espace
de brassage culturel. La richesse de sa musique tient
à sa diversité ethnique, linguistique et
religieuse. Dans cette tour de Babel, la musique sert
de langue commune. Des répertoires d'une grande
variété se sont développés,
mettant en valeur le jeu du dotâr, un luth à
la technique extrêmement sophistiquée.
Hamid Khezri est un musicien unique par sa maîtrise
de tous les styles de dotâr du Khorassan, qu'il
s'agisse des chants des bardes turcs et kurdes du nord,
ou des airs spirituels des régions désertiques
du Sud. Né à Quchan, il a travaillé
le dotâr avec les plus grands maîtres, puis
a parachevé sa formation en étudiant des
enregistrements collectés dans toutes les régions
du Khorassan. Hamid Khezri a déjà donné
de nombreux concerts à l’étranger,
en solo ou avec des artistes de renommée internationale
comme Sima Bina.
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Les bakhshy, bardes
du Turkménistan
Annaberdi Vejdani
: chant, luth dotâr
Ahmad Dibayi : vièle gichäk
Extrait
audio |
Les Turkmènes sont une grande ethnie de la branche
turque Oghuz, répartis entre la république
du Turkménistan et le nord de l'Iran. Leur culture
musicale se répartit en deux grandes traditions
: les chansons populaires et les répertoires des
bardes professionnels appelés bakhshy, héritiers
de la tradition des chamanes. On distingue deux catégories
de bakhshy : les destanchi au nord, qui chantent des épopées
(destan), et les tirmechi au sud, qui chantent des poèmes
(tirme) sur les thèmes de l’amour, de la
morale, de la religion, de la guerre et de la chasse.
Les bakhshy utilisent des techniques vocales variées
et très originales, qu’ils accompagnent au
luth à long manche dotâr et à la vièle
gichäk.
Anaberdi Vejdani est né à Gonbad,a cpitale
de la steppe turkmène iranienne. Une fois consacré
bakhshy, il a développé son répertoire
à l’écoute du barde Sakhi Jabbâr.
Il a formé de nombreux élèves aussi
bien dans l'art vocal que dans le jeu du dotâr.
Il est accompagné par son complice Ahmad Dibayi,
maître du gichäk également originaire
de Gonbad.
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Les âsheq,
bardes d'Azerbaïdjan
Ashiq Emran Heydari
: luth saz solo
Ashiq Qudrat Mirzapur : chant, luth saz
Ehteram Gözali : hautbois bâlâbân,
hautbois zurnâ
Amzé-Ali Asadi : tambour daf
Extrait
audio (Ashiq Qudrat Mirzapur)
Extrait
audio (Ashiq Emran Heydari) |
La tradition savante de l’Azerbaïdjan, le
mugam, est bien connue en Europe grâce à
quelques chanteurs remarquables. Celle des bardes, qui
représente l’autre versant de cette brillante
culture musicale, l’est beaucoup moins. Les bardes
(âsheq) sont également de grands professionnels,
détenteurs d’un répertoire de chant
épique et lyrique, d’airs de danse et de
musiques purement instrumentales. L'art des âsheq
s’est surtout développé en milieu
rural, lors des fêtes (toy) données à
l'occasion des mariages. Les principaux instruments utilisés
sont les hautbois zurnâ et bâlâbân,
le luth saz et le tambour sur cadre daf.
Asheq Imran Heydari, né à Tabriz, incarne
avec son seul instrument la quintessence de l’art
des bardes. Il ne chante pas, mais restitue à sa
manière les chants au grand luth saz, dans des
improvisations éblouissantes au style unique. Il
sera suivi par un trio exceptionnel mené par Asheq
Qodrat Mirzapur, chanteur et luthiste à la voix
puissante et pénétrante lorsqu’elle
monte dans le registre aigu, portée par les instruments
aux sonorités brillantes du joueur de bâlâbân
Ehteram Gözali et du percussionniste Hamzé-Ali
Asadi.